Stratégies perspective haussière
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Dollarama : comparer la négociation d’actions et la négociation d’options

Patrick Ceresna
6 octobre, 2017
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Dollarama : comparer la négociation d’actions et la négociation d’options

Tout au long de la dernière année, le titre de Dollarama a été synonyme d’éclaircie dans les marchés canadiens. Au cours des six premiers mois, son cours s’est maintenu considérablement au-dessus de son creux des 52 dernières semaines, établi à 93,27 $. Les investisseurs ont récemment été récompensés lorsque la société a publié ses résultats du deuxième trimestre, puis annoncé son plan de rachat d’actions, ce qui a entraîné une montée de 10 % du cours du titre, le portant à de nouveaux sommets, près de 140,00 $ l’action.

Cette société a de toute évidence un rendement supérieur au marché et représente maintenant une bonne occasion de placement suivant la tendance du moment. Elle s’est révélée un bon choix de placement pour de nombreux investisseurs, et un nombre croissant de négociateurs cherchent maintenant à tirer profit de la tendance haussière du cours de son action.

Option ou action : le dilemme

Un négociateur prévoit une hausse du cours de l’action et s’attend à ce que cette tendance se poursuive au cours des 45 prochains jours. Il est à noter qu’il prévoit une hausse à court terme seulement et n’envisage donc pas un placement à long terme. L’action de Dollarama a connu passablement de volatilité; même en cas d’utilisation d’un ordre à seuil de déclenchement, le risque de perte est considérable si la forte tendance haussière de l’action se renverse. Dans ce contexte, un négociateur peut se demander si l’achat d’une option d’achat ou le recours à un écart haussier sur options d’achat offrirait un meilleur rapport risque-rendement.

Faisons la comparaison à l’aide de l’application OptionsPlay, offerte gratuitement sur le site Web de la Bourse de Montréal (https://www.m-x.ca/optionsplay/fr.html).

Ainsi, dans le premier scénario, le plus simple, l’investisseur paie 13 703 $ par tranche de 100 actions. Bien que le modèle suppose un risque complet et indéfini de chute du cours, on peut considérer que le risque sera probablement contenu dans les limites d’un écart-type, soit une chute de 8,68 $ qui ramènerait le cours de l’action à 128,22 $.

Le négociateur doit donc évaluer l’avantage que pourrait lui procurer l’achat d’une option d’achat par rapport à l’acquisition des actions. Selon ce deuxième scénario, l’investisseur achète plutôt une option d’achat échéant en novembre et ayant un prix d’exercice de 135 $ pour la somme de 465,00 $, soit 4,65 $ par action. Il s’assure ainsi le droit, sans obligation aucune, d’acheter les actions à 135 $ au cours des 45 prochains jours.

Enfin, le troisième scénario consiste à abaisser le point d’équilibre et la mise de fonds en établissant un écart débiteur. Dans ce cas, l’investisseur établit un écart haussier sur options d’achat selon une échéance en novembre et des prix d’exercice de 135 $ et de 145 $, pour la somme de 380,00 $, soit 3,80 $ par action.

 

 

Quels sont alors les éléments à prendre en considération et les compromis à évaluer? On constate une première évidence : les deux stratégies sur options permettent de réduire la mise de fonds et de définir clairement le risque maximum. D’entrée de jeu, elles sont attrayantes non seulement pour un négociateur détenant un compte de petite taille, mais aussi pour un négociateur qui cherche à éviter le risque, puisqu’elles permettent de définir la perte maximale avec certitude. Le désavantage est évidemment que le négociateur qui achète les actions profitera immédiatement d’une hausse du cours, car il bénéficie d’un point d’équilibre plus faible puisqu’il n’a aucune prime à payer pour l’acquisition des actions.

Bien qu’il existe de nombreux choix pour le cours d’un ordre à seuil de déclenchement à l’égard d’une position sur les actions de Dollarama, il est prudent d’avancer qu’un seuil limite établi à l’intérieur de l’écart-type de 8,68 $ augmente le risque de déclenchement de l’ordre en cas de fluctuations équivoques du cours de l’action. Par conséquent, je considère qu’un seuil limite raisonnable devrait impliquer un risque équivalant à près du double du coût des primes des options, tant dans le cas de l’achat d’une simple option d’achat que dans celui de l’établissement d’un écart débiteur vertical. On peut donc avancer que les deux stratégies sur options procurent à l’investisseur un potentiel de rendement ajusté au risque bien plus attrayant que l’achat des actions et un meilleur point de départ dans les circonstances.

Patrick Ceresna
Patrick Ceresna http://www.bigpicturetrading.com

Gestionnaire spécialisé en produits dérivés

Big Picture Trading Inc.

Patrick Ceresna est le fondateur et le conseiller en chef en matière de stratégies boursières de Big Picture Trading. Il est aussi coanimateur des balados MacroVoices et Market Huddle. Il détient les titres de Chartered Market Technician (technicien agréé du marché), de gestionnaire spécialisé en produits dérivés et de gestionnaire de placements agréé. En plus de ses fonctions à Big Picture Trading, M. Ceresna offre une formation sur les produits dérivés de la Bourse de Montréal, membre du Groupe TMX. La formation, qui s’adresse aux investisseurs et aux professionnels en placement de partout au Canada, porte sur les nombreuses fonctions utiles des options à l’intérieur d’un portefeuille de placements. Patrick se spécialise dans l’analyse des conditions macroéconomiques du marché mondial et dans la manière de convertir ces dernières en occasions de placement et de négociation concrètes. Sa connaissance avancée de l’analyse technique lui permet d’établir des liens entre les différents thèmes macroéconomiques dans le but de suggérer des stratégies de négociation à mettre en œuvre. Fort de solides connaissances en négociation d’options, il recherche des occasions de placement à profil de risque et de rendement asymétrique qui permettent de tirer avantage des rendements, tout en cernant et en gérant le risque ou en générant des revenus accrus et stables. Patrick a conçu et il enseigne activement les programmes de maître offerts par Big Picture Trading sur les aspects techniques de la négociation, la négociation d’options et la macroéconomie. Il fournit également aux membres le contenu des webinaires quotidiens d’analyse du marché en direct, des services d’alerte et des modèles de portefeuille.

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