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Générer des revenus au moyen des écarts verticaux créditeurs

Tony Zhang
29 août, 2019
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Générer des revenus au moyen des écarts verticaux créditeurs

L’écart créditeur est une stratégie à risque limité populaire utilisée pour générer des revenus suivant une perspective modérément haussière ou baissière, voire neutre, sur une action ou sur les parts d’un fonds négocié en bourse (FNB). Bien des investisseurs aiment vendre des options à delta élevé en raison de leur prime accrue, mais il importe de savoir que cela implique un risque supérieur au revenu généré. Par ailleurs, cette stratégie n’exige pas d’un investisseur qu’il détienne ou souhaite détenir l’action ou la part de FNB sous-jacente. Dans le présent billet, nous examinerons deux types d’écarts créditeurs qu’il est possible de mettre en œuvre selon qu’on a une perspective haussière ou baissière. Pour en apprendre davantage sur les écarts créditeurs en position vendeur et les bonnes pratiques en la matière, visionnez l’enregistrement de notre plus récent webinaire.

Exemple : Supposons un titre XYZ qui se négocie actuellement à 100 $

  1. Perspective haussière ou neutre: On peut recourir à un écart vertical haussier sur options de vente.
  • Vendre une option de vente au prix de levée de 100 $ pour un crédit de 4 $
  • Acheter une option de vente au prix de levée de 90 $ contre un débit de 1 $
  • Le gain maximal correspond au revenu de 3 $ touché (crédit de 4 $ – débit de 1 $)
  • Le montant maximal à risque est de 7 $ (la différence entre les deux prix de levée, moins la prime touchée).

Graphique 1 : Écart haussier sur options de vente

Source : OptionsPlay

Pour établir un écart vertical haussier sur options de vente, un investisseur vend une option de vente à parité et achète une option de vente hors jeu. La vente d’une option de vente non couverte selon une perspective haussière comporte un risque illimité. Par contre, si l’on achète une option de vente hors jeu, la prime nette touchée sera réduite, passant de 4 $ à 3 $, mais le risque sera plafonné à la différence entre les deux prix de levée, moins la prime obtenue.

À l’échéance, si le titre XYZ se négocie :

  • au-dessus de 100 $, le gain maximal est de 3 $;
  • à 97 $, le seuil de rentabilité est atteint (profit nul);
  • en dessous de 90 $, la perte maximale est de 7 $.
  1. Perspective baissière ou neutre: On peut recourir à un écart vertical baissier sur options d’achat.
  • Vendre une option d’achat au prix de levée de 100 $ pour un crédit de 4 $
  • Acheter une option d’achat au prix de levée de 110 $ contre un débit de 1 $
  • Le gain maximal correspond au revenu de 3 $ touché (crédit de 4 $ – débit de 1 $)
  • Le montant maximal à risque est de 7 $ (la différence entre les deux prix de levée, moins la prime touchée).

Pour établir un écart vertical baissier sur options d’achat, un investisseur vend une option d’achat à parité et achète une option d’achat hors jeu. La vente d’une option d’achat non couverte selon une perspective baissière comporte un risque illimité. Par contre, si l’on achète une option d’achat hors jeu, la prime nette touchée sera réduite, passant de 4 $ à 3 $, mais le risque sera plafonné à la différence entre les deux prix de levée, moins la prime obtenue. À l’échéance, si le titre XYZ se négocie :

  • en dessous de 100 $, le gain maximal est de 3 $;
  • à 103 $, le seuil de rentabilité est atteint (profit nul);
  • au-dessus de 110 $, la perte maximale est de 7 $.

Graphique 2 : Écart baissier sur options d’achat

Source : OptionsPlay

Stratégie d’écart créditeur

La stratégie d’écart créditeur est toute désignée si la situation de marché est neutre ou si la perspective est légèrement haussière ou baissière. Elle est cependant à éviter dans le cas d’événements entraînant une volatilité élevée comme la publication de résultats, puisqu’ils augmentent les probabilités d’une fluctuation importante défavorable à la stratégie. Les écarts créditeurs sont particulièrement utiles lorsqu’une action ou une part de FNB se négocie près d’un niveau de soutien ou de résistance. Les indicateurs de tendance signalant qu’un titre est suracheté ou survendu et les formations graphiques annonçant un renversement de tendance, comme un double sommet ou un double creux, peuvent aussi indiquer un bon moment pour établir un écart créditeur dans un contexte où le cours du titre se maintient à l’intérieur d’une fourchette donnée.

Les analyses d’OptionsPlay montrent que les écarts verticaux haussiers sur options de vente sont légèrement plus avantageux que les écarts verticaux baissiers sur options d’achat en raison des effets de la volatilité. Comme l’écart créditeur suppose une position vendeur sur le véga (volatilité), il profitera d’une baisse de la volatilité implicite. Il est généralement avantageux de mettre en œuvre un écart vertical haussier sur options de vente lorsqu’un titre est survendu et que la volatilité implicite est élevée. La survente d’un titre est généralement suivie d’une contraction de sa volatilité implicite par la suite. C’est l’inverse qui est vrai lorsqu’un titre est suracheté, et dans ce cas on recourra aux écarts verticaux baissiers sur options d’achat. Étant donné que la volatilité implicite est plutôt faible dans le haut d’une fourchette de négociation, la volatilité augmente généralement lorsqu’il y a renversement de tendance et que le cours chute. Ainsi, compte tenu de la volatilité, les écarts haussiers sur options de vente sont un peu plus avantageux que les écarts baissiers sur options d’achat.

Existe-t-il un écart créditeur optimal?

La clé pour trouver l’écart créditeur optimal consiste à déterminer le bon prix de levée en fonction du profil de risque. Les prix de levée presque à parité donnent lieu aux meilleurs ratios risque-rendement, mais présentent une probabilité réduite de profit. Les prix de levée fortement hors jeu présentent une probabilité accrue de profit, mais impliquent un ratio risque-rendement médiocre. Il peut être tentant d’effectuer des opérations à probabilité élevée de profit au moyen de prix de levée fortement hors jeu, mais nos analyses montrent que ces prix de levée ne permettent pas de générer des revenus suffisants pour compenser les pertes importantes qui peuvent survenir.

D’après nos analyses, la stratégie qui produit constamment les meilleurs rendements à long terme présente les caractéristiques suivantes :

  • la vente d’options à courte échéance (de 4 à 6 semaines);
  • la vente d’options d’achat ou de vente ayant un delta de 50;
  • l’achat d’options d’achat ou de vente ayant un delta de 25.

En règle générale, ces lignes directrices permettent de générer des revenus représentant environ le tiers de la différence entre les deux prix de levée. Autrement dit, on risque 200 $ pour chaque tranche de 100 $ touchée, tout en ayant une probabilité de 60 % à 70 % de réaliser un profit.

Gestion d’un écart créditeur

L’issue souhaitée de cette stratégie est que les options n’aient aucune valeur à l’échéance. Néanmoins, il y a quelques scénarios où il est pertinent de dénouer un écart créditeur avant l’échéance.

  • Si l’écart créditeur a généré un gain de 50 % ou plus et qu’il reste plus de la moitié de l’échéance initiale, il convient de réaliser le profit de l’opération.
  • Si le crédit obtenu est supérieur à un cinquième (1/5) de la différence entre les deux prix de levée, il convient de circonscrire les pertes entre 75 % et 100 % de la prime touchée.
  • Si le crédit obtenu est inférieur à un cinquième (1/5) de la différence entre les deux prix de levée, il convient de circonscrire les pertes entre 100 % et 200 % de la prime touchée.

Résumé

Un écart créditeur est une stratégie qui pardonne, puisqu’elle permet de générer un revenu même si le cours de l’action évolue dans le sens inverse des prévisions. En contrepartie, l’investisseur risque un montant plus élevé que le revenu touché si le cours de l’action connaît une forte variation dans le sens opposé des prévisions. Il est important de garder en tête qu’il faut utiliser cette stratégie uniquement dans une situation de marché neutre, jamais lorsqu’une forte variation est prévue. L’investisseur qui suit les lignes directrices et adopte les bonnes pratiques peut recourir aux écarts créditeurs pour générer des revenus à partir de titres dont la variation prévue du cours dans une direction ou l’autre est faible.  Utilisez OptionsPlay et visionnez notre plus récent webinaire, Générer des revenus au moyen des écarts verticaux créditeurs, pour apprendre à mettre en œuvre cette stratégie avancée, mais flexible, dans votre portefeuille.

Joignez-vous à la Bourse de Montréal et à Tony Zhang à l’occasion de la prochaine Journée de formation sur les options à Toronto le 14 septembre prochain pour en apprendre davantage sur les options et poser vos questions!

Profitez d’un accès gratuit à OptionsPlay Canada : www.optionsplay.com/tmx

Mise en garde
Les stratégies décrites dans le présent blogue ne sont présentées qu’à des fins d’information et de formation. Elles ne doivent pas être interprétées comme étant des recommandations d’acheter ou de vendre quelque valeur mobilière que ce soit. Comme toujours, avant de mettre en œuvre des stratégies sur options, assurez-vous d’être à l’aise avec les scénarios proposés et d’être prêt à en assumer tous les risques.

Tony Zhang
Tony Zhang http://tmx.optionsplay.com

Chef de la stratégie liée aux produits

OptionsPlay

Tony Zhang est un spécialiste du secteur des services financiers possédant plus d’une dizaine d’années d’expérience dans des postes liés au développement de produits, à la recherche et à la stratégie de marché pour les marchés des actions, des changes et des dérivés. À titre de chef de la stratégie liée aux produits d’OptionsPlay, Tony dirige actuellement la recherche et le développement pour la plateforme OptionsPlay Ideas & Portfolio. Animé par sa passion pour la technologie financière et le développement de produits, il a offert aux clients et aux utilisateurs servis par OptionPlay des solutions innovatrices et repensées. Il avait auparavant travaillé pendant 7 ans à FOREX.com, où il s’est formé aux marchés financiers et à la recherche en tant que stratège de marché spécialisé dans les marchés d’actions et de dérivés de change.

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