Un écart baissier sur les actions de Manuvie

Martin Noël
23 septembre, 2013
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Après une vaine tentative de reprendre le territoire au dessus de ses moyennes mobiles (voir le graphique ci dessous), le cours des actions de Manuvie (MFC) amorce ce qui paraît être un mouvement baissier qui s’est confirmé par un passage de l’indicateur Stochastics 89 sous le niveau de 75. Tant et aussi longtemps que ce niveau ne sera pas refranchi à la hausse et que le cours des actions MFC demeurera sous ses moyennes mobiles, nous pouvons évaluer que l’état du marché actuel du titre MFC est baissier. Par conséquent, dans un tel contexte, il serait préférable de prendre des mesures défensives, soit en vendant des options d’achat sur les actions détenues, en achetant des options de vente à titre de protection, ou en établissant des stratégies directionnelles à la baisse. Dans le cadre de cet article, je propose d’établir une stratégie directionnelle à la baisse en mettant en place un écart baissier avec des options d’achat.

Graphique quotidien de MFC (17,03 $, vendredi 20 septembre 2013)

Un investisseur qui voudrait tirer avantage du potentiel de baisse sur les actions de MFC pourrait établir un écart baissier avec des options d’achat en vendant des options d’achat à parité MFC NOV 17 C à 0,61 $ et en achetant simultanément des options d’achat MFC NOV 19 C à 0,08 $ ayant un prix de levée supérieur pour un crédit total de 0,53 $ par action ou de 53 $ par contrat, ce qui représente également le profit maximal de cette stratégie si le cours des actions MFC clôture sous le prix de levée de 17 $ à l’échéance du mois de novembre . La perte maximale de 1,47 $ par action (147 $ par contrat) correspond à la différence entre les prix de levée (19 $ – 17 $) moins la prime nette reçue (le crédit total de 0,53 $) et elle sera réalisée si le prix de MFC clôture au dessus du prix de levée de 19 $ à l’échéance du mois de novembre. Le seuil d’équilibre de cette stratégie est de 17,53 $. C’est à partir de ce prix que l’investisseur commencera à subir des pertes en cas de hausse du prix des actions de MFC. Le profit statique de cet écart, si le titre MFC fait du surplace d’ici l’échéance du mois de novembre, est de 0,50 $ par action (50 $ par contrat), soit le crédit actuel de 0,53 $ par action moins la différence entre le prix actuel de 17,03 $ et le prix de levée de 17 $.

Un investisseur pourrait également établir un écart baissier avec des options d’achat en vendant des options d’achat en jeu MFC NOV 16 C à 1,30 $ et en achetant simultanément des options d’achat MFC NOV 18 C à 0,23 $ ayant un prix de levée supérieur pour un crédit total de 1,07 $ par action ou de 107 $ par contrat, ce qui représente également le profit maximal de cette stratégie si le cours des actions MFC clôture sous le prix de levée de 16 $ à l’échéance du mois de novembre . La perte maximale de 0,93 $ par action (93 $ par contrat) correspond à la différence entre les prix de levée (18 $ – 16 $) moins la prime nette reçue (le crédit total de 1,07 $) et elle sera réalisée si le prix de MFC clôture au dessus du prix de levée de 18 $ à l’échéance du mois de novembre. Le seuil d’équilibre de cette stratégie est de 17,07 $. C’est à partir de ce prix que l’investisseur commencera à subir des pertes en cas de hausse du prix des actions de MFC. Dans le cas où le titre de MFC fait du surplace d’ici l’échéance du mois de novembre, cet écart produira un léger profit de 0,04 $ par action, ou 4 $ par contrat.

Dans le premier écart, le profit maximal est moins important que pour le deuxième mais les probabilités sont plus élevées de le réaliser. À l’inverse, c’est la perte maximale du premier écart qui est plus élevée que le deuxième alors que les probabilités sont moins élevées de la réaliser. Par conséquent, un investisseur choisira donc l’un ou l’autre des écarts en fonction de la probabilité estimée de réaliser le profit maximal par rapport à celle de subir la perte maximale.

Bonnes transactions et bonne semaine!

Les stratégies présentées dans le cadre de cette chronique ne le sont qu’à titre d’information et de formation et ne doivent pas être interprétées comme étant des recommandations pour acheter ou vendre toutes valeurs mobilières. Comme toujours avant de mettre en place des stratégies d’options assurez-vous d’être à l’aise avec les scénarios proposés et d’être prêts à en assumer tous les risques.

Martin Noël
Martin Noël http://lesoptions.com/

Président

Corporation Financière Monetis

Martin Noël a obtenu un MBA en services financiers de l'UQÀM en 2003. La même année, il a reçu le Brevet de l'Institut des banquiers canadiens et la Médaille d'argent pour ses efforts remarquables dans le cadre du Programme de formation bancaire professionnelle. Monsieur Noël a commencé sa carrière dans le domaine des instruments dérivés en 1983 à titre de mainteneur de marché sur options, sur le parquet de la Bourse de Montréal, pour le compte de diverses firmes de courtage. Il a également occupé le poste de spécialiste sur options et, par la suite, de négociateur indépendant. En 1996, monsieur Noël est entré au service de la Bourse de Montréal à titre de responsable du marché des options où il a contribué au développement du marché canadien des options. En 2001, il a participé à la création de l'Institut des dérivés de la Bourse de Montréal où il a œuvré à titre de conseiller pédagogique. Depuis 2005, Martin est chargé de cours à l'UQÀM où il enseigne un cours sur les instruments dérivés au deuxième cycle. Depuis mai 2009, il est président à temps plein de la CORPORATION FINANCIÈRE MONÉTIS, une société active dans la négociation professionnelle et en communication financière. Martin agit comme collaborateur régulier en matière d’options pour la Bourse de Montréal.

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