Gestion de risque
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Un excès d’optimisme pèse sur les banques canadiennes

Patrick Ceresna
11 avril, 2017
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Un excès d’optimisme pèse sur les banques canadiennes

Au vu des neuf derniers mois, nous pouvons affirmer que les mesures de relance à l’échelle mondiale ont joué un rôle majeur dans la reprise boursière. Le phénomène s’est accéléré avec le raz-de-marée du Parti républicain aux dernières élections américaines, motivé par les attentes d’une nouvelle croissance fondée sur des réductions d’impôts et une augmentation de la dépense publique. Au cours de cette très forte période haussière, le secteur des finances et particulièrement les principales institutions financières ont résolument fait preuve de leadership. Si l’optimisme règne par suite de cette abondance prodigieuse, je ne peux cacher mon scepticisme.

Le récent échec du Parti républicain par rapport à l’abrogation de l’Obamacare pousse les investisseurs engagés dans les opérations de relance à remettre en question leur perspective. Depuis le début de l’année, nous avons vu l’aplanissement de la courbe de rendement, la relative surperformance des secteurs défensifs, la baisse du prix du pétrole ainsi qu’une inquiétude croissante voulant que les réductions d’impôts et la hausse de la dépense publique s’avèrent plus faibles que prévu.

Certains des facteurs clés de la reprise des institutions financières étaient fondés sur l’idée que la nouvelle administration Trump assouplirait la réglementation, qu’elles profiteraient de son effet stimulant sur l’économie, et que les marges nettes d’intérêts augmenteraient en fonction des prévisions de hausse substantielle de la courbe de rendement. Mais encore? Si les dépenses en infrastructure ne se concrétisaient pas comme prévu? Si la courbe de rendement continuait à s’aplanir et que la hausse tant attendue des primes de risque sur le marché mondial n’intervenait pas? La forte reprise des banques était-elle justifiée?

En plus des inquiétudes grandissantes chez notre voisin du Sud, le Canada génère également son lot d’incertitudes. La formation d’une bulle immobilière, particulièrement vitalisée par l’explosion du marché de Toronto, préoccupe de plus en plus, de leur propre aveu, les principales banques canadiennes. http://www.cbc.ca/news/business/toronto-housing-bmo-td-1.4028032

Si les banques sont particulièrement bien protégées d’une dégradation initiale du marché immobilier, les créances hypothécaires étant couvertes par la SCHL et par des prêteurs hypothécaires privés, c’est plutôt le risque de contagion au reste de l’économie d’une décélération des cours de l’immobilier qui pourrait ralentir la croissance et réduire les nouveaux prêts aux ménages canadiens déjà lourdement endettés. http://www.cbc.ca/news/canada/toronto/stephen-poloz-toronto-housing-1.4044206

Je ne souhaite pas donner l’impression d’être un alarmiste ou un oiseau de mauvais augure, mais nous ne devrions pas oublier la réaction qu’ont eue les établissements financiers durant la phase baissière du marché du pétrole de l’été 2014 jusqu’au début de 2016. Parfois, savoir adopter une stratégie défensive et préserver son capital devrait avoir préséance sur l’optimisation du rendement.

Par conséquent, devriez-vous vendre?

Il est toujours difficile de trancher. Selon un excellent adage, celui qui se retire trop tôt du marché a toujours tort. Ainsi, quiconque se met à vendre alors que le marché continue de croître a l’air ridicule. Pour cette raison, couvrir vos actions bancaires avec des options de vente de protection est une solution de rechange solide. Bien sûr, chaque investisseur peut envisager d’autres solutions de couverture, mais une des solutions les plus simples revient à calculer son exposition totale aux titres financiers canadiens et à acheter des options de vente hors du cours sur le fonds négocié en bourse (FNB) iShares S&P/TSX Capped Financial Index ETF (TSX : XFN). Au moment d’écrire ces lignes, le cours du FNB XFN se négociaient à 36,35 $. Une option de vente au prix de levée de 32,00 $ échéant en décembre 2017 se vend 0,95 $. Cela représente un coût de 2,60 % pour obtenir une vaste couverture pour le reste de l’année. Les investisseurs qui considèrent le coût de cette couverture trop élevé peuvent envisager de compenser les coûts par une stratégie de vente d’options d’achat couvertes. En fin de compte, si vous avez réalisé des rendements élevés sur vos actions bancaires au cours des six derniers mois, il pourrait s’avérer profitable de préserver une partie de ces gains grâce à une couverture stratégique.

Patrick Ceresna
Patrick Ceresna http://www.learntotradeglobal.com

Gestionnaire spécialisé en produits dérivés

Learn to Trade Global

Patrick Ceresna est stratège principal en produits dérivés chez Learn to Trade Global. Détenteur des titres de technicien de marché agréé (CMT), de gestionnaire spécialisé en produits dérivés (GSPD) et de gestionnaire de placements agréé (CIM), Patrick donne de la formation sur les produits dérivés pour la Bourse de Montréal TMX à l’intention des investisseurs et des professionnels des placements de partout au Canada en leur expliquant les nombreuses utilisations intéressantes possibles des options dans la gestion d’un portefeuille de placements. Patrick se spécialise dans l’analyse des conditions macroéconomiques du marché mondial et dans la manière de les convertir en possibilités de placements et d’opérations réalisables. Spécialisé dans l’analyse technique, il fait des rapprochements entre les différents thèmes macroéconomiques et s’efforce de comprendre à quel moment s’amorcent les tendances et à quoi elles mèneront vraisemblablement. En misant sur sa connaissance approfondie des opérations sur options, il cherche à créer des possibilités de majoration du rendement sans pour autant négliger la gestion et la définition des risques ni la création de revenus accrus et constants. Patrick est le concepteur et le professeur des programmes de formation sur les opérations sur options (Option Masters), l’analyse macroéconomique (Macro Masters) et les aspects techniques (Technical Masters) des marchés de Learn to Trade Global. Il crée aussi du contenu à l’intention des abonnés à optionsource.net utilisé pour les webinaires quotidiens et en direct d’analyse du marché, les services d’alerte et les portefeuilles modèles.

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