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Conseils de gestion des risques pour les négociateurs actifs

Bourse de Montréal
13 octobre, 2022
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Conseils de gestion des risques pour les négociateurs actifs



Les investisseurs professionnels, en particulier les gestionnaires de fonds de couverture milliardaires, consacrent beaucoup de temps à l’examen attentif de leur portefeuille pour s’assurer de réduire le risque autant que possible. Malheureusement, bien des investisseurs omettent de prendre les mesures nécessaires en ce sens et d’évaluer leurs actifs.

L’une des questions les plus importantes auxquelles un investisseur se doit de répondre afin de mieux gérer le risque est celle du montant qu’il devrait affecter à une nouvelle opération.

Le bon sens nous dit qu’aucun actif individuel ne devrait occuper une place suffisamment importante au sein du portefeuille pour entraîner une baisse significative de sa valeur totale. Par exemple, si un investisseur détient un portefeuille bien diversifié de 10 actions et que la valeur de l’une d’entre elles plonge à zéro, cette situation ne devrait pas le mener à la ruine financière.

En fait, l’investisseur pourrait terminer l’année en enregistrant globalement un profit si ses autres actifs font bonne figure.

Par contre, le principal désavantage d’un portefeuille diversifié est la dilution du rendement. Or, même si un rendement de 300 % sur un des titres du portefeuille est certainement le bienvenu, au final, il pourrait ne pas être suffisant pour changer la vie de l’investisseur sur le plan financier.

On pourrait également appliquer une seconde couche de protection en établissant méticuleusement des points de sortie si l’action évolue dans la mauvaise direction. Un investisseur peut ainsi recourir à un ordre de vente à seuil de déclenchement (aussi appelé ordre stop) qui lui permettra de réaliser automatiquement une vente si la valeur de l’action subit une baisse donnée, par exemple 10 %.

Supposons qu’un investisseur souhaite investir 200 000 $ dans l’action du géant des communications BCE. Au 15 août 2022, cette action se négociait à près de 65 $, pour un achat de 3 100 actions. Un ordre à seuil de déclenchement de 10 % produirait une sortie si le cours de l’action passait à environ 58 $, et la perte serait alors de 20 000 $.

Stratégie de gestion des risques reposant sur les options

Si on reprend l’exemple ci-dessus, l’investisseur peut aussi réduire son profil de risque global au moyen des options. Si l’investisseur est très optimiste à l’égard des perspectives de l’action de BCE, il peut acheter 31 contrats d’option d’achat (représentant 3 100 actions) assortis d’un prix de levée de 75 $.

L’investisseur peut facilement calculer la perte totale potentielle de cette position sur options. Si la perte est inférieure à 20 000 $, l’investisseur est alors en mesure de profiter d’une forte appréciation tout en acceptant une perte totale moins élevée si l’opération n’évolue pas dans la direction souhaitée.

Cette stratégie permet de tirer le plein potentiel de la marge et de l’effet de levier qu’offrent les options. Plus précisément, les options présentent un potentiel de rendement vastement supérieur à celui de la simple détention de l’action, ainsi qu’un risque de perte totale moins élevé. Cet exemple a pour seul bémol que si le cours de l’action de BCE se situe à 70 $ au moment de l’échéance, les options expireront sans aucune valeur. En comparaison, s’il avait simplement détenu l’action, l’investisseur aurait plutôt touché un profit moins élevé que celui espéré.

Les options peuvent également être utiles à la gestion des risques en réduisant les pertes. Supposons que ce même investisseur s’attend à une hausse de l’action de BCE, mais perçoit une faiblesse du marché en général. Il prévoit ainsi que le pessimisme gagnera bientôt le marché, ce qui fera plonger l’action des sociétés de qualité.

L’investisseur qui a acheté des actions de BCE à 65 $ peut simplement acheter des options de vente sur le titre de BCE assorties d’un prix de levée de 55 $. Muni de cette protection contre une baisse, l’investisseur verra la valeur de sa position sur l’action de BCE baisser d’environ 10 $ par action.

Toutefois, on peut s’attendre à ce que la valeur de l’option de vente augmente, ce qui atténue l’effet de la baisse par rapport à la simple détention de l’action. Supposons que la valeur des options monte de 25 000 $. Les profits et les pertes de l’investisseur s’établiraient alors comme suit :

  • Actions : perte de 10 $ par action multipliée par 3 100 actions = 31 000 $
  • Options : gain de 25 000 $
  • Perte totale : -31 000 $ + 25 000 $ = perte de 6 000 $

Les profits tirés des options de vente devraient compenser au moins partiellement la perte subie sur les actions détenues. Dans cet exemple, la couverture contre le risque de baisse qu’a établie l’investisseur lui a permis de récupérer 25 000 $.

Bien entendu, la pierre angulaire de la gestion des risques demeure l’examen minutieux de chaque opération selon les différentes perspectives, en vue de prendre la meilleure décision pour son portefeuille en fonction de ses objectifs.

Les options peuvent constituer un outil très précieux pour les investisseurs qui les utilisent efficacement. Néanmoins, la bonne compréhension de la logique et des calculs qui sous-tendent une opération est essentielle pour débusquer les erreurs d’inattention qui causent des pertes évitables.

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