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Fractionnement du titre de Shopify : une aubaine potentielle pour les négociateurs d’options

Steve Sosnick
14 avril, 2022
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Fractionnement du titre de Shopify : une aubaine potentielle pour les négociateurs d’options

Comme vous le savez sans doute déjà, Shopify (SHOP) a annoncé que son action serait fractionnée à raison de 10 pour 1, et ce, à une date qui sera communiquée ultérieurement. Ce faisant, SHOP se joindra au club des titres Internet tels qu’Alphabet et Amazon, qui affichent des cours élevés et qui sont en attente de fractionnement.

Bien qu’un fractionnement d’actions soit généralement vu d’un bon œil, précisons qu’il n’a aucune incidence sur les activités ou le bilan d’une société. En effet, ce type d’opération s’apparente à « faire de la monnaie ». C’est comme si vous échangiez un billet de 10 $ contre dix pièces de 1 $. Certains trouveront plus utile d’avoir de l’argent dans une coupure plutôt qu’une autre, par exemple de la monnaie pour les petits achats ou les pourboires, et des billets pour éviter d’avoir un portefeuille trop épais. Mais dans les deux cas, un fractionnement d’actions n’a aucune incidence sur le montant du patrimoine. Dans le cas qui nous intéresse, supposons qu’avant le fractionnement, vous détenez 100 actions de SHOP au prix de 750 $ chacune. À l’ouverture des marchés suivant le fractionnement, vous vous retrouverez avec 1 000 actions de SHOP au prix de 75 $ chacune. Dans les deux cas, votre position totale vaudra 75 000 $.

Les marchés estiment qu’il est plus utile d’avoir une action à petit prix qu’à gros prix. D’ailleurs, on entend souvent que le fractionnement contribuera à rendre le titre plus accessible pour les investisseurs individuels. C’était certainement le cas lorsque l’action se négociait presque exclusivement en lots réguliers de 100 actions chacun. Mais cela est chose du passé depuis quelque temps. Le concept de lot régulier ou irrégulier a largement disparu au fil des ans. En outre, l’avènement de la négociation par fractions d’action[1] a largement supprimé les barrières à l’entrée pour ceux qui souhaitent investir dans les actions de sociétés les plus chères. Cette idée est donc intéressante, mais elle ne reflète peut-être pas la réalité du marché actuel.

Cela dit, les options sur SHOP devraient devenir beaucoup plus accessibles aux négociateurs individuels. Au Canada, lorsqu’une action est fractionnée, la Corporation canadienne de compensation de produits dérivés (CDCC) ajuste le prix des options en conséquence. Par exemple, si vous détenez une option d’achat au prix de levée de 750 $ le jour du fractionnement, vous vous retrouverez le lendemain avec 10 options d’achat au prix de levée de 75 $ chacune. Toutes choses étant égales par ailleurs, la prime de chaque option correspondra au dixième de ce qu’elle était avant le fractionnement. Voilà qui a des effets considérables sur leur caractère abordable. N’oubliez pas que pour les options, la plus petite taille offerte est de 100 actions sous-jacentes par option. Au moment d’écrire ces lignes, les options d’achat sur SHOP au prix de levée de 750 $ échéant le 20 mai se négocient à 84 $ chacune. Par conséquent, un seul contrat coûterait 8 400 $. Si par miracle, le fractionnement avait lieu aujourd’hui, il en résulterait des options d’achat au prix de levée de 75 $ affichant une prime d’environ 8,40 $ chacune. Par conséquent, un investisseur devrait débourser au minimum 840 $ pour acheter l’option, soit 90 % de moins qu’auparavant.

Si le coût d’entrée minimum correspondait au dixième du coût actuel, les options deviendraient effectivement plus accessibles aux petits négociateurs. Mieux encore, les écarts devraient diminuer considérablement. À l’heure actuelle, l’écart sur les options au prix de levée de 750 $, mentionnées plus tôt, s’élève à 4 $. Un simple calcul voudrait que l’écart se réduise à 40 cents, mais à mon avis, il ne serait pas impossible qu’il se resserre encore plus. Si les options devenaient plus accessibles aux petits négociateurs, on pourrait s’attendre à une augmentation de la liquidité. Et qui dit marchés plus liquides dit aussi écarts plus étroits. Par exemple, les options sur le titre de BCE assorties d’un prix relatif et d’un temps jusqu’à l’échéance semblables affichent des écarts entre 10 et 20 cents.

Par ailleurs, il est probable que les écarts entre les prix de levée diminuent proportionnellement eux aussi – du moins au début. Les prix de levée des options sur SHOP sont généralement établis par tranches de 10 $. Par définition, les prix de levée des options concernées par le fractionnement s’établiront automatiquement par tranches de 1 $.

La question de savoir si le fractionnement rendra une action comme SHOP beaucoup plus abordable pour les investisseurs individuels reste matière à débat. Cependant, force est de constater que les options sur ce titre, elles, deviendront beaucoup plus abordables pour les particuliers.

 

[1] Les opérations sur fractions d’action sont offertes par Interactive Brokers Canada, une société affiliée à l’employeur de l’auteur, mais pas par tous les courtiers au Canada.

L’auteur est un haut dirigeant d’une société affiliée à Interactive Brokers Canada Inc. (IBC), participant agréé de Bourse de Montréal Inc. (MX) et membre compensateur de la Corporation canadienne de compensation de produits dérivés (CDCC). Aucun élément du présent article ne doit être considéré comme une recommandation de placement ou de négociation de la part d’IBC ou de l’une de ses sociétés affiliées. La négociation d’options est une activité hautement spéculative qui comporte un degré élevé de risque. Avant de négocier des options inscrites à la MX et émises par la CDCC, il est recommandé aux investisseurs de lire et de bien comprendre le document d’information de la CDCC intitulé « The Characteristics and Risks of Listed Canadian Options » (en anglais). La négociation de certaines options standardisées inscrites à une bourse canadienne peut être interdite aux résidents des États-Unis. Pour obtenir un exemplaire du document d’information de la CDCC susmentionné, composez le 1 877 745-4222 ou copiez-collez le lien suivant dans votre navigateur : https://www.cdcc.ca/f_en/Options_Disclosure.pdf

 

Mise en garde

Les stratégies décrites dans le présent blogue ne sont présentées qu’à des fins d’information et de formation. Elles ne doivent pas être interprétées comme étant des recommandations d’acheter ou de vendre quelque valeur mobilière que ce soit. Comme toujours, avant de mettre en œuvre des stratégies sur options, assurez-vous d’être à l’aise avec les scénarios proposés et d’être prêt à en assumer tous les risques.

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Steve Sosnick
Steve Sosnick

Chief Strategist, Interactive Brokers

Steve Sosnick est stratège en chef d’Interactive Brokers. Il est également négociateur en chef de Timber Hill, division de négociation de la société, et membre du Groupe Interactive Brokers, société de portefeuille de l’entreprise. Steve a occupé de nombreux postes au sein de l’organisation depuis son entrée en fonction comme gestionnaire du risque boursier et mainteneur de marché d’options à Timber Hill en 1995. Il a mené l’établissement de la société au Canada en 1998 et depuis, il dirige Timber Hill Canada. Il a consacré une bonne partie de sa carrière à la mise au point et à la mise en œuvre de stratégies de négociation électronique et algorithmique pour les actions et les options avant d’assumer un rôle plus stratégique au sein de l’organisation, soit celui de stratège en chef des options, et plus tard, celui de stratège en chef. Steve a signé plusieurs chroniques publiées dans l’hebdomadaire Barron’s et il est régulièrement invité par les réseaux Bloomberg TV et Bloomberg Radio ainsi que par Yahoo Finance. Il a siégé au conseil d’administration de divers marchés boursiers. Il a aussi été membre des conseils de CBSX, de NSE et de ISE-SE. Au Canada, il est membre du Groupe des usagers de la Division de la réglementation de la Bourse de Montréal et du Comité de produits dérivés de l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières. Avant de se joindre à Interactive Brokers, Steve a occupé le poste de négociateur principal chez Morgan Stanley, Lehman Brothers et Salomon Brothers et a suivi au sein de cette dernière société le réputé programme de formation. Steve est titulaire d’une maîtrise en finance et d’un baccalauréat en sciences économiques de The Wharton School de l’université de la Pennsylvanie.

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