Stratégies perspective baissière
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La mise en place d’un écart baissier couvert à l’aide d’options d’achat

Martin Noël
4 juillet, 2018
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La mise en place d’un écart baissier couvert à l’aide d’options d’achat

Tel que nous pouvons l’observer sur le graphique suivant, le prix des actions de Chemin de fer Canadien Pacifique Limitée (CP) vient de passer sous les moyennes mobiles de 13 et 34 séances et semble vouloir se stabiliser au niveau des 240 $. Nous pouvons éga-lement constater que la tendance de l’indicateur stochastique (au bas du graphique) est clairement en mode baissier. Bien qu’un rebond puisse se produire, il pourrait être con-tenu sous le niveau des 250 $ alors que Le niveau des 230 – 235 $ pourrait représenter une zone de soutien important.

Graphique quotidien en date du 28 juin 2018 (240,32 $)

Un investisseur qui est en accord avec ce scénario pourrait vendre des options d’achat pour chaque tranche de cent actions qu’il détient dans son portefeuille afin de tirer avantage de l’érosion de la valeur temps qui pourrait résulter de la stabilité relative de CP sous le niveau des 250 $. Pour ce faire, il pourrait alors vendre des options d’achat échéant en août au prix de levée de 250 $. Cependant, dans le cas d’une hausse impor-tante au-dessus de 250 $, l’investisseur perdrait alors la possibilité d’en tirer avantage. Par conséquent, il pourrait acheter des options d’achat ayant un prix de levée de 260 $ afin de ne pas demeurer en reste si une hausse se matérialisait. La combinaison de la vente des options d’achat ayant un prix de levée de 250 $ à l’achat des options d’achat ayant un prix de levée de 260 $ correspond à un écart baissier.

Position

• Détention de 100 actions CP au prix actuel de 240,32 $

  • Débit de 24 032 $

• Vente de 1 contrat d’options d’achat CP 180817 C 250 à 3,10 $

  • Crédit de 310 $

• Achat de 1 contrat d’options d’achat CP 180817 C 260 à 1,25 $

  • Débit de 125 $
  • Crédit de 185 $ pour l’écart baissier

• Débit total de 23 847 $

 

Profil de profits et pertes de l’écart baissier couvert sur CP à l’échéance du 17 août 2018

La vente d’un contrat d’options d’achat CP 180817 C 250 à 3,10 $ par action permet d’encaisser 310 $ alors que l’achat d’un contrat d’options d’achat CP 180817 C 260 à 1,25 $ par action requière un déboursé de 125 $. Le crédit total de 185 $ représente le profit maximal de l’écart baissier qu’il serait possible de réaliser si le prix de CP se situait à un prix inférieur ou égal au prix de levée de 250 $ à l’échéance du 17 août 2018. En combinant l’écart baissier avec la détention des cent actions de CP, on obtient alors un écart baissier couvert dont nous pouvons observer le profil de profit et pertes sur le graphique précédent. Le crédit de 1,85 $ par action nous permet d’abaisser le seuil d’équilibre à 238,47 $ (240,32 – 1,85). C’est à partir de ce niveau que la position de-viendra perdante en cas de baisse prononcée. À la hausse, la position est gagnante avec, un profit potentiel de 1 153 $ entre les deux prix de levée de 250 $ et 260 $, et un profit illimité au-delà de 260 $.

 

Intervention

Cette stratégie peut demander une certaine gestion en fonction du prix de CP à l’échéance du 17 août 2018. Si le prix de CP est inférieur au prix de levée de 250 $ alors aucune intervention ne sera requise. Dans le cas où le prix de CP soit supérieur à 250 $, mais inférieur à 260 $ alors les options d’achat CP 180817 C 250 seront exercées par le détenteur et l’investisseur recevra un avis d’assignation qui le forcera à vendre ses ac-tions à 250 $. Pour éviter de perdre ses actions, il faudra alors racheter les options d’achat vendues avant l’échéance. Si le prix de CP est supérieur à 260 $, l’investisseur sera alors assigné sur les options d’achat CP 180817 C 250 et il sera forcé de vendre ses actions à 250 $. Cependant, ses options d’achat CP 180817 C 260 seront automatique-ment exercées et il récupérera ses actions en les achetant au prix de levée de 260 $. Afin d’éviter ces achats et ces ventes liés à l’exercice et à l’assignation des options, on peut tout simplement racheter les options d’achat vendues et revendre les options d’achat détenues avant l’échéance.

 

Bonnes transactions et bonne semaine !

*Le seuil d’équilibre ainsi que les profits et pertes projetés ne sont que des estimations qui sont éta-blies en fonction de la valeur présumée des options de vente d’échéance du 18 aout 2018.

 

Les stratégies présentées dans le cadre de cette chronique ne le sont qu’à titre d’information et de formation et ne doivent pas être interprétées comme étant des recommandations pour acheter ou vendre toutes valeurs mobilières. Comme tou-jours, avant de mettre en place des stratégies d’options assurez-vous d’être à l’aise avec les scénarios proposés et d’être prêts à en assumer tous les risques.

 

 

Martin Noël
Martin Noël http://lesoptions.com/

Président

Corporation Financière Monetis

Martin Noël a obtenu un MBA en services financiers de l'UQÀM en 2003. La même année, il a reçu le Brevet de l'Institut des banquiers canadiens et la Médaille d'argent pour ses efforts remarquables dans le cadre du Programme de formation bancaire professionnelle. Monsieur Noël a commencé sa carrière dans le domaine des instruments dérivés en 1983 à titre de mainteneur de marché sur options, sur le parquet de la Bourse de Montréal, pour le compte de diverses firmes de courtage. Il a également occupé le poste de spécialiste sur options et, par la suite, de négociateur indépendant. En 1996, monsieur Noël est entré au service de la Bourse de Montréal à titre de responsable du marché des options où il a contribué au développement du marché canadien des options. En 2001, il a participé à la création de l'Institut des dérivés de la Bourse de Montréal où il a œuvré à titre de conseiller pédagogique. Depuis 2005, Martin est chargé de cours à l'UQÀM où il enseigne un cours sur les instruments dérivés au deuxième cycle. Depuis mai 2009, il est président à temps plein de la CORPORATION FINANCIÈRE MONÉTIS, une société active dans la négociation professionnelle et en communication financière. Martin agit comme collaborateur régulier en matière d’options pour la Bourse de Montréal.

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