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Le Code Da Vinci : les messages cachés au sein des chaînes d’options

Richard Ho
20 avril, 2018
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Le Code Da Vinci : les messages cachés au sein des chaînes d’options

Les négociateurs sont assez campés dans leurs opinions et ont tendance à se faire une idée sur tout. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il existe un marché d’acheteurs et de vendeurs. Autrement, les négociateurs seraient toujours du même côté de la clôture. Ce type de comportement se développe avec l’expérience et les connaissances acquises au fil du temps. Mais il est aussi à votre portée. Par exemple, vous êtes capable de dire si l’action du graphique ci-dessous affiche une tendance à la hausse ou à la baisse en observant son évolution. En tant que négociateurs, nous sommes formés pour repérer les tendances et déterminer la direction que prendra une action. L’étape suivante est de passer à l’acte en achetant le titre, en le vendant à découvert (si on est d’avis qu’il est en baisse) ou encore en négociant des options. Le recours aux options permet de mieux gérer le risque. En effet, lorsque vous prenez une position acheteur sur options, le risque que vous encourez est prédéfini. Même si l’entreprise est soudainement frappée d’une mauvaise presse en soirée, l’effondrement de son action à l’ouverture des marchés ne vous laissera pas pris avec une position irrécupérable, car vous ne perdrez jamais plus que le montant de la prime versée pour l’achat de l’option.

Source : TMXArgent.com

Pour commencer, il faut rechercher les échéances et les prix d’exercice qui sont disponibles pour la négociation. Ces informations figurent dans la chaîne d’options. Si le marché des options est nouveau pour vous, jetez un coup d’œil au tableau suivant, qui montre chaîne d’options sur le FNB iShares S&P/TSX 60 Index ETF (symbole : XIU).

Source : m-x.ca

La chaîne d’options contient l’ensemble des prix d’exercice et des échéances des options disponibles pour la négociation, et comporte les éléments suivants :

  • Le cours acheteur (prix que les acheteurs sont prêts à payer à l’achat)
  • Le cours vendeur (prix auquel les vendeurs sont prêts à vendre)
  • Le dernier prix (le prix de la dernière opération, s’il y en a eu une, sans quoi il s’agit du cours de clôture de la journée précédente)
  • La volatilité implicite (la volatilité de l’action estimée par le marché qui est incorporée « implicitement » dans le prix de l’option)
  • L’intérêt en cours (nombre total de contrats d’options en circulation)
  • Le volume (volume de contrats d’options négociés le jour concerné). Même si le volume affiché est nul, les contrats d’options peuvent être achetés et vendus à tout moment, pour autant qu’il y ait un cours acheteur et un cours vendeur.

 

Revenons maintenant au thème principal du présent article, soit le Code Da Vinci et les chaînes d’options. Chaque jour, les négociateurs alimentent le marché des options avec leurs prix et leurs opinions. Toutes ces informations se retrouvent cryptées dans les chaînes d’options. Comme le prix des options comporte une composante temps, il est possible d’extrapoler les attentes à l’égard du mouvement du cours de l’action d’ici une date donnée. Cela ne vous indiquera pas la direction qu’empruntera l’action (hausse ou baisse), mais plutôt l’ampleur de l’évolution de son cours. Une fois que vous aurez décrypté cette information, vous serez libre d’accepter ou non le verdict du marché.

 

Voici les étapes à suivre. Le titre XIU sera utilisé à titre d’exemple:

À la clôture des marchés le 10 janvier 2018, le titre XIU se négociait à 24,25 $.

  1. Reportez-vous à la chaîne d’options de XIU. L’échéance de février 2018 nous servira d’exemple.
  2. Trouvez le prix d’exercice se rapprochant le plus de celui du sous-jacent. (La chance nous sourit puisqu’on trouve un prix d’exercice qui est identique au cours de XIU).
  3. Additionnez le cours vendeur des options d’achat et de vente échéant le 16 février 2018 qui ont un prix d’exercice de 24,25 $ : 0,30 $ + 0,27 $ = 0,57 $.
  4. Pour l’option d’achat, prenez le cours vendeur de celle dont le prix d’exercice est d’un cran supérieur. Dans le cas présent, le prix d’exercice est de 24,50 $ et le cours vendeur s’élève à 0,17 $.
  5. Pour l’option de vente, reportez-vous au cours vendeur de celle dont le prix d’exercice est d’un cran inférieur. Dans le cas présent, le prix d’exercice est de 24,00 $ et le cours vendeur s’élève à 0,19 $.
  6. En additionnant le cours vendeur des étapes 4 et 5, on obtient 0,36 $ (0,17 $ + 0,19 $).
  7. Additionnez le résultat des étapes 3 et 6, puis divisez par 2, ce qui donne 0,465 $ ((0,57 $ + 0,36 $) / 2).

 

Décryptage :

La conclusion est que les participants au marché des options s’attendent à ce que XIU varie d’environ 0,465 $ d’ici le 16 février 2018. Mais attention, cette variation de 0,465 $ par rapport au cours actuel de 24,25 $ peut se faire à la hausse comme à la baisse. Sur la base de cette information, on peut donc déduire de combien XIU pourrait évoluer. Voilà comment on décrypte les chaînes d’options. Cette méthode doit toutefois être appliquée avec un grain de sel. En effet, toute poussée soudaine de la volatilité du marché peut avoir une incidence sur le modèle. En terminant, je vous dis à la prochaine et vous souhaite le meilleur des succès dans vos négociations.

 

 

 

Richard Ho
Richard Ho http://www.m-x.ca

Directeur principal, dérivés sur actions

TMX | Bourse de Montréal

Richard Ho, gestionnaire principal des dérivés sur actions à la Bourse de Montréal (TMX), travaille dans le secteur financier depuis plus de 14 ans. Avant de se joindre à TMX en 2006, il travaillait dans une maison de courtage nationale où il exécutait des opérations pour des clients actifs et fortunés. Dans sa fonction actuelle de gestionnaire principal des dérivés sur actions, Richard dirige divers projets et partenariats axés sur l’éducation auprès de maisons de courtage dans le but d’aider les investisseurs autonomes à s’adapter à l’utilisation des options sur actions. Il met l’accent sur l’élaboration de portefeuilles d’options et de stratégies sur options selon des prévisions directionnelles et des risques définis à l’avance. Il a également élaboré des programmes destinés à enseigner aux investisseurs comment recourir à des stratégies sur options pour générer un revenu continu et pour couvrir leurs portefeuilles en période de haute volatilité. Richard détient les titres de gestionnaire spécialisé en produits dérivés (GSPD) et d’analyste en placement non traditionnel agréé (CAIA). Aidant de tout son pouvoir les investisseurs à approfondir leurs connaissances sur les options, Richard détient fièrement le titre de Fellow de CSI (FCSIMD) et il démontre des qualités de chef en diverses occasions, qu’il s’agisse d’allocutions ou de sa contribution dans le milieu universitaire.

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