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Mythes et idées fausses en matière d’options

Jason Ayres
21 mars, 2018
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Mythes et idées fausses en matière d’options

Si vous êtes de ces lecteurs qui entament tout juste leur apprentissage en matière d’options, je suis certain que d’autres investisseurs ou des professionnels du placement vous ont déjà largement fait part de leurs opinions quant à la valeur et au risque associés au recours aux options dans un portefeuille.

Malheureusement, malgré l’abondance d’excellents documents éducatifs et de conseils désormais accessibles, beaucoup de mythes et d’idées fausses circulent en raison d’une méconnaissance du sujet. Les investisseurs proactifs qui entreprennent l’apprentissage du fonctionnement du marché des options se voient encore souvent dissuadés par des personnes mal informées.

Dans cet article, je présente certains des mythes et idées fausses les plus courants afin de les éclaircir, de sorte que vous pourrez progresser dans votre apprentissage en vous appuyant sur une compréhension claire et objective.

Mythe no 1 : Les options accroissent le risque

Certes, l’emploi des options comporte des risques, mais on peut en dire de même de tous les instruments financiers.

En réalité, les options peuvent servir à divers objectifs, et chaque stratégie possède son propre profil de risque et de rendement. Que vous achetiez ou vendiez une option, lorsque vous utilisez un écart, si la position sur options est détenue en combinaison avec le titre sous-jacent, entre autres choses, cela aura un effet important sur le degré de risque lié au recours au marché des options. L’investisseur doit d’abord bien comprendre la stratégie dans toutes ses nuances avant de l’exécuter. Nous maîtrisons les risques au moyen des décisions que nous prenons.

Pour obtenir un résumé du profil de risque et de rendement de certaines des stratégies les plus courantes, vous pouvez consulter le Manuel de référence des options sur actions de la Bourse de Montréal.

Mythe no 2 : Les options de vente sont plus risquées que les options d’achat

En réalité, les options de vente sont cotées de la même manière que les options d’achat, en fonction du potentiel de fluctuation à la hausse et la baisse du titre. Comme mentionné ci-dessus, l’investisseur choisit le risque à son gré, selon la stratégie qu’il sélectionne. Par exemple, la vente d’une option d’achat non couverte (soit le fait de vendre l’option d’achat sans détenir les actions engagées) représente une exposition au risque plus importante qu’une position acheteur sur une option de vente.

Mythe no 3 : Les options sont un jeu à somme nulle, ce qui représente un risque accru

Tout d’abord, qu’entend-on par « jeu à somme nulle »? C’est la théorie selon laquelle le gain d’un participant donné est égal à la perte d’un autre participant. Par exemple, si l’acheteur de l’option d’achat paie 1,00 $ et que le vendeur de l’option d’achat reçoit 1,00 $, lorsque l’option d’achat vient à échéance, l’acheteur a perdu ce dollar et le vendeur l’a gagné.

En réalité, bien que les options constituent un jeu à somme nulle, cela ne signifie pas que ce jeu se solde par un gagnant ou un perdant déterminé. N’oublions pas que, lorsque le vendeur d’une option d’achat couverte vend cette option pour obtenir un revenu, il peut faire l’objet d’une assignation et devoir livrer les actions à l’acheteur de l’option d’achat qui désire les obtenir. Dans ce cas, tant le vendeur de l’option d’achat couverte que l’acheteur de celle-ci ont atteint leur objectif.

Mythe no 4 : Comme la plupart des options n’ont plus aucune valeur à l’échéance, acheter des options n’est pas une bonne idée

En réalité, cela dépend directement du prix d’exercice choisi pour la stratégie. Les options hors jeu ont une probabilité plus élevée de n’avoir aucune valeur à l’échéance et sont cotées en conséquence. Les options à parité ont une probabilité égale d’avoir une valeur à l’échéance ou d’avoir perdu toute valeur.

Selon la Chicago Board Options Exchange, environ 10 % des options sont exercées pendant le cycle des échéances, de 55 à 60 % des options sont échangées avant l’échéance pour limiter les pertes ou réaliser le profit latent, et de 30 à 35 % n’ont aucune valeur à l’échéance. Encore une fois, le résultat dépend de votre stratégie et de votre choix de contrats d’option ainsi que de votre manière de gérer la position.

Mythe no 5 : La vente d’une option d’achat couverte offre un rendement insatisfaisant

La rentabilité de la stratégie de vente d’option d’achat couverte dépend de l’environnement boursier, du choix de titre et de la gestion du risque. Les statistiques révèlent que la vente stratégique d’une option d’achat couverte peut non seulement faire augmenter les rendements, mais qu’elle peut aussi abaisser la volatilité du portefeuille et hausser le ratio de Sharpe, qui indique le rendement généré par unité de risque.

L’analyse figurant ci-dessous permet ainsi de constater que la vente d’options d’achat couvertes sur XIU, dont témoigne l’indice MX des ventes d’options d’achat couvertes (indice MCWX), a accru les rendements, en plus de produire un écart-type inférieur et un ratio de Sharpe supérieur.

Terminons en soulignant qu’il ne s’agit là que d’un échantillon des mythes et idées fausses que vous êtes susceptible de rencontrer au cours de votre apprentissage. Bien que les options impliquent des risques, vous pourrez gérer et maîtriser une bonne part de ceux-ci en prenant le temps de bien comprendre les caractéristiques du marché des options et en vous assurant de ne lancer une opération que lorsque vous êtes certain d’avoir choisi la bonne stratégie et les bons contrats, que vous connaissez votre exposition au risque et que vous disposez d’un plan pour gérer le déroulement de l’opération.

 

Jason Ayres
Jason Ayres http://www.croftgroup.com/

Director

R.N. Croft Financial Group

Jason est un gestionnaire spécialisé en produits dérivés, un administrateur de R.N. Croft Financial Group et un conseiller pédagogique de Learn To Trade Global.com. Jason est membre du Comité d’examen des placements de R.N. Croft Financial Group auquel il apporte son expertise à titre de technicien des marchés et de stratège en produits dérivés. De plus, il occupe le poste de directeur du développement des affaires et il est responsable de la gestion globale du marketing stratégique et opérationnel ainsi que des activités liées aux relations avec les partenaires et les clients. Jason est également l’un des principaux formateurs de la Bourse de Montréal, une entité du Groupe TMX.

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