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On n’a rien pour rien sur les marchés, n’est-ce pas?

Richard Ho
10 novembre, 2020
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On n’a rien pour rien sur les marchés, n’est-ce pas?

En anglais, on dit « there ain’t no such thing as a free lunch », qu’on pourrait traduire littéralement par « un repas gratuit, ça n’existe pas ». Le vieil adage évoque l’idée que l’on n’a rien pour rien. Même si quelque chose est gratuit, quelqu’un quelque part doit le payer. Cependant, en ce qui concerne les investisseurs, ceux-ci ont le choix d’accepter ou de refuser un prix. C’est pourquoi les ordres à cours limité existent. Imaginez si tout un chacun avait exactement la même tolérance au risque et les mêmes attentes; il n’y aurait alors aucun marché. Sur les marchés, chaque investisseur a un profil unique quant à sa tolérance au risque et à ses attentes. Le principal objectif consiste à générer le meilleur rendement possible en s’exposant au plus faible risque possible. Allons donc droit au but et parlons du coût de renonciation, ainsi que du montant en dollars qui vous inciterait à passer un ordre. Dans le monde des options, on vous offre des droits, mais ils coûtent quelque chose. Et si vous vendez une option, quel résultat à l’échéance vous conviendrait?

Acheteur d’une option d’achat Vendeur d’une option d’achat
L’acheteur d’une option d’achat doit payer la prime pour obtenir le droit d’acheter le titre sous-jacent au prix de levée avant l’échéance. Le vendeur d’une option d’achat reçoit la prime de l’acheteur, mais il est alors tenu de vendre le titre sous-jacent en cas d’assignation.

Personne n’aime avoir l’obligation de faire quoi que ce soit. L’obligation de vendre un titre peut sembler particulièrement désagréable. Mais si cela vous emballait de le faire? Et si l’opération vous était profitable? L’idée vous semble plus attrayante, non? Laissez-moi vous présenter une stratégie sur options qui vous permet de vous faire payer à l’avance pour la vente possible de vos titres. On pourrait avoir l’impression que cela s’apparente à l’idée d’un « repas gratuit », mais, comme nous l’avons dit précédemment, cela n’existe pas. La stratégie consiste en la vente d’options d’achat couvertes.

 

L’exemple qui suit illustre le fonctionnement de la stratégie.

Étape 1 : Achat de 200 actions d’ABC inc. à 20 $ l’action.

Étape 2 : Consultation de la chaîne d’options et vente de deux options d’achat au prix de levée de 22 $ contre une prime de 0,60 $ l’action. Option d’achat Cours acheteur Cours vendeur
Levée à 18 $ d’ici 3 mois 2,50 $ 2,60 $
Levée à 20 $ d’ici 3 mois 1,35 $ 1,45 $
Levée à 22 $ d’ici 3 mois 0,60 $ 0,70 $

Étape 3 : Affichage des positions de la stratégie de vente d’options d’achat couvertes dans le compte de négociation.

Quantité Position Prix Montant Astuce : Choisissez un prix de levée auquel vous êtes disposé à vendre vos titres.
-2 Option d’achat d’ABC à 22 $ échéant dans 3 mois 0,60 $ Crédit de 120 $
200 Action d’ABC 20 $ Débit de 4 000 $

Voilà! Vous venez de réaliser un gain de 120 $ pour une période de 3 mois sur 200 actions (2 × 100 × 0,60 $ = 120 $). En vendant les options d’achat, vous avez obtenu une prime représentant un rendement de 3 % (0,60 $ ÷ 20,00 $) d’entrée de jeu. Cela représente 12 % sur une base annualisée. Tout va pour le mieux. Vous pouvez donc vous payer un bon repas, n’est-ce pas? Pas si vite! Examinons les implications.

Couvertes : L’adjectif « couvertes » dans l’expression « vente d’options d’achat couvertes » indique que vous utilisez des actions que vous détenez afin de couvrir votre obligation de vendre les actions en cas d’assignation.

Étape 4 : Résultats possibles après trois mois.

1) ABC inc. < 19 $ 2) ABC inc. encore à 20 $ 3) ABC inc. > 22 $
Il arrive que des opérations se concluent de manière défavorable.

  • L’acheteur des options d’achat n’achète pas vos actions à 22 $ (prix de levée).
  • Vous conservez vos actions.
  • Vous conservez votre prime de 0,60 $ par action.
  • Répétez la stratégie de vente d’options d’achat couvertes.
L’action a été décevante; son cours n’a pas changé.

  • Mêmes résultats que dans le scénario 1, en plus de ceux énumérés ci-après.
  • La stratégie de vente d’options d’achat couvertes vous a au moins rapporté 120 $.
  • Vous avez obtenu un rendement de 3 % à partir d’une action dont le cours n’a pas changé.
  • Votre résultat est mieux que le rendement nul d’un investisseur qui n’aurait qu’acheté les actions.
L’acheteur des options d’achat lève celles-ci et achète vos actions à 22 $ (prix de levée). Vous faites l’objet d’une assignation. Ne perdez pas espoir pour autant. Examinez bien la situation. Vous avez atteint deux objectifs.

  • Vous avez réalisé un rendement de 3 % grâce à la vente des options d’achat.
  • Vous avez réalisé un gain en capital de 10 % (en vendant 22 $ les actions achetées à 20 $).

Vous comprenez maintenant la stratégie de vente d’options d’achat couvertes. À la lecture des trois scénarios qui précèdent, dites-moi : qui a obtenu un « repas gratuit » en fin de compte? Bon appétit!

Les stratégies décrites dans le présent blogue ne sont présentées qu’à des fins d’information et de formation. Elles ne doivent pas être interprétées comme étant des recommandations d’acheter ou de vendre quelque valeur mobilière que ce soit. Comme toujours, avant de mettre en œuvre des stratégies sur options, assurez-vous d’être à l’aise avec les scénarios proposés et d’être prêt à en assumer tous les risques.

Richard Ho
Richard Ho http://www.m-x.ca

Directeur principal, dérivés sur actions

TMX | Bourse de Montréal

Richard Ho, gestionnaire principal des dérivés sur actions à la Bourse de Montréal (TMX), travaille dans le secteur financier depuis plus de 15 ans. Avant de se joindre à TMX en 2006, il travaillait dans une maison de courtage nationale où il exécutait des opérations pour des clients actifs et fortunés. Dans sa fonction actuelle de gestionnaire principal des dérivés sur actions, Richard dirige divers projets et partenariats axés sur l’éducation auprès de maisons de courtage dans le but d’aider les investisseurs autonomes à s’adapter à l’utilisation des options sur actions. Il met l’accent sur l’élaboration de portefeuilles d’options et de stratégies sur options selon des prévisions directionnelles et des risques définis à l’avance. Il a également élaboré des programmes destinés à enseigner aux investisseurs comment recourir à des stratégies sur options pour générer un revenu continu et pour couvrir leurs portefeuilles en période de haute volatilité. Richard détient les titres de gestionnaire spécialisé en produits dérivés (GSPD) et d’analyste en placement non traditionnel agréé (CAIA). Aidant de tout son pouvoir les investisseurs à approfondir leurs connaissances sur les options, Richard détient fièrement le titre de Fellow de CSI (FCSIMD) et il démontre des qualités de chef en diverses occasions, qu’il s’agisse d’allocutions ou de sa contribution dans le milieu universitaire.

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