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Tirer parti des élections américaines

Richard Croft
7 novembre, 2016
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Tirer parti des élections américaines

Le marché américain des actions établit à nouveau d’anciens records. À la clôture de la séance la semaine dernière, la valeur de l’indice composé S&P 500 et celle du Dow Jones Industrial Average ont baissé pour une neuvième séance de bourse consécutive. La dernière fois que nous avons connu une telle période de baisse remonte à décembre 1980, juste avant l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan. Le Canada s’en tire mieux, même si le FNB indiciel iShares S&P/TSX 60 (symbole : XIU) a baissé pour une sixième séance de bourse consécutive, le XIU ayant clôturé à 21,46 $ vendredi dernier.

Néanmoins, si la vente des titres américains se poursuit la semaine prochaine et après les élections américaines du 8 novembre, le marché canadien ne pourra probablement pas échapper au carnage. La question est de savoir si les multiples jours de baisse sont dus à l’incertitude politique ou si elles annoncent la fin du marché haussier.

Tout est possible, mais je crois que la baisse des titres est attribuable à l’incertitude politique. Regardons les faits! La baisse des titres au cours des neuf dernières séances de bourse a été modérée, car elle correspondait seulement au tiers de la baisse enregistrée en décembre 1980. Il faut dire qu’en 1980 nous n’avions pas de mesures concrètes pour évaluer la volatilité, alors il est difficile d’établir des comparaisons. Cependant, la volatilité actuelle n’a pas connu une augmentation à ce point spectaculaire pour justifier la baisse ordonnée du marché.

Certains analystes ont affirmé que les politiques de Trump nuiraient à l’économie et, par conséquent, au marché des actions. Les réductions d’impôt proposées feraient grimper le déficit de façon importante et sa promesse de renégocier les ententes commerciales pourrait précipiter en récession une économie mondiale fragile.

Cette préoccupation s’est estompée il y a deux semaines alors que Clinton menait largement dans les intentions de vote. Pourtant, même à ce moment, les analystes n’osaient pas croire que le marché ne tenait pas compte de la possibilité d’une victoire de Trump. Avec le resserrement de l’écart dans les intentions de vote et la possibilité de plus en plus réaliste d’une victoire de Trump, il se peut que la vente ordonnée des titres soit simplement un moyen d’établir les cours devant cette éventualité.

Si c’est vrai, alors toute réaction des analystes à la suite d’une victoire de Trump devrait être atténuée étant donné l’évaluation actuelle du marché. De même, une victoire de Clinton devrait entraîner une augmentation à court terme des titres, ce qui permettrait de recouvrer pratiquement toutes les pertes subies au cours de la baisse actuelle.

Comme la plupart des scénarios établis en fonction d’une date d’événement précise, les réactions à ces scénarios sont susceptibles d’être de courte durée. Après la reprise initiale ou la vente, les investisseurs retourneront invariablement aux principes de base. À la suite de la réunion de décembre de la Réserve fédérale américaine, les profits se feront plus rares et les taux d’intérêt augmenteront probablement. Aucune de ces situations ne devrait pousser les investisseurs à acheter des titres, ce qui se traduira par un scénario de fourchette de négociation similaire à ce qu’on connaît aujourd’hui, et ce, jusqu’au début du premier trimestre de 2017.

Si vous achetez des titres sur un marché à court terme en fonction d’un scénario des événements ainsi que des titres d’une fourchette de négociation de fin d’année reflétant des facteurs économiques fondamentaux à plus long terme, vous voudrez peut-être considérer une stratégie non-directionnelle d’écarts calendaires.

Nous partons du principe que les marchés réagiront fortement mercredi, après le décompte des votes. En supposant, bien sûr, que le résultat soit définitif et que le perdant concède la victoire au gagnant du scrutin. Autrement, rien ne va plus, car il faudra du temps aux tribunaux pour statuer et rendre une décision.

Le mouvement haussier ou baissier en milieu de semaine devrait être de courte durée, deux jours peut-être, ou jusqu’à l’expiration des options à échéance hebdomadaire vendredi. À la clôture de la séance vendredi, les options d’achat XIU ayant un prix de levée de 21,50 $ et échéant en novembre se négociaient à 19 cents l’action alors que les options de vente XIU ayant un prix de levée de 21,50 $ et échéant le même mois se négociaient à 16 cents l’action. Si vous vendiez à la fois les options d’achat et les options de vente établies à 21,50 $ de novembre, vous devriez recevoir 35 cents l’action.

Vous achèteriez en même temps les options d’achat et les options de vente XIU ayant un prix de levée de 21,50 $ et échéant en janvier pour un coût total de 1,05 $ l’action. La sortie nette pour cette opération est de 70 cents l’action, ce qui correspond au prix d’achat de 1,05 $ pour les options XIU à 21,50 $ de janvier moins les 35 cents obtenus de la vente du stellage des options à échéance hebdomadaire à 21,50 $ de novembre.

Vous devriez pouvoir clore un côté de l’opération et en tirer un profit à l’échéance des options de novembre. Si le marché remonte, puis retombe, vous pourriez même dénouer complètement votre position vendredi. Ce n’est toutefois pas l’issue la plus probable.

Prévoyez plutôt un écart calendaire à plus long terme en fonction duquel vous revendrez des options à court terme pour compenser le stellage des options XIU de janvier une fois les options initiales arrivées à échéance.

Richard Croft
Richard Croft http://www.croftgroup.com/

Président et gestionnaire de portefeuille

Croft Financial Group

Richard Croft est actif dans le secteur des valeurs mobilières depuis 1975. Depuis février 1993, M. Croft est conseiller en placement et gestionnaire de portefeuille agréé et exerce ses activités sous le parapluie de la société R. N. Croft Financial Group Inc. Richard Croft a beaucoup écrit sur l’utilisation des actions individuelles, des fonds communs de placement et des fonds négociés en bourse à l’intérieur d’un portefeuille modèle. Il est notamment l’auteur de neuf livres et de milliers d’articles et commentaires publiés dans les grands médias canadiens. En 1998, il a développé en collaboration avec d’autres trois « indices FPX » (indices du Financial Post) destinés à l’investisseur canadien moyen. En 2004, il a élargi le concept et développé trois indices de portefeuille « RealWorld », qui sont des indicateurs du rendement des indices FPX après correction en fonction des coûts réels. Il a aussi développé deux indices d’options pour la Bourse de Montréal et la méthodologie « FundLine », une interprétation graphique de la diversification des portefeuilles. Richard Croft a aussi développé un indice de la valeur ajoutée par le gestionnaire qui permet de noter le rendement des différents gestionnaires de fonds en fonction du risque par rapport à un indice de référence. En 1999, il a codéveloppé un système de gestion de portefeuille pour la société Charles Schwab Canada. À titre de gestionnaire de portefeuille de calibre mondial qui met l’accent sur le rendement ajusté en fonction du risque, Richard Croft estime que le rendement ne veut rien dire si on ne sait pas comment il a été obtenu.

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