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Une stratégie prudente sur XFN

Martin Noël
3 mars, 2013
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Dans la foulée des résultats financiers publiés par les banques canadiennes la semaine dernière, nous examinerons la situation technique des parts XFN qui suivent le rendement de l’indice plafonné de la finance S&P/TSX. Comme le montre le graphique hebdomadaire suivant, les parts XFN sont en zone de surachat selon l’indicateur RSI5 (5 séances). Les trois dernières fois où XFN s’est retrouvé en pareille situation, une correction est survenue dans les semaines et mois qui ont suivis. Rien ne garanti que cela se produira cette fois-ci. Au contraire, il est toujours possible que les prix se maintiennent dans cette zone durant une période prolongée. Cependant, l’entrée dans cette zone est une indication que des mesures de prudence devraient être prises afin de protéger les profits accumulés depuis le creux de 2011. L’achat d’options de vente comme assurance est une stratégie qui permet de conserver les actions détenues et ainsi de pouvoir profiter d’une hausse si elle se poursuit, tout en fixant un prix plancher en cas de baisse prononcée. Cependant, comme l’achat des options de vente nécessite un déboursé qui vient réduire le rendement sur le titre, il est possible d’en financer l’achat par la vente d’options d’achat ayant un prix de levée presqu’à parité ou légèrement hors jeu. Cette stratégie porte le nom de cylindre ou de tunnel (« Collar » en anglais).

Graphique hebdomadaire de XFN


L’achat des options de vente comme assurance

Examinons d’abord l’achat des options de vente comme assurance. Un investisseur qui voudrait se protéger contre une baisse de XFN au cours des trois prochains mois pourrait acheter des options de vente XFN JUN 24 à 0,35 $ par actions, ou 35 $ par contrat, pour chaque tranche de 100 actions détenues. Le choix du prix de levée de 24 $ pour les options de vente garantit à l’investisseur de pouvoir vendre ses actions à l’équivalent de 23,65 $ l’action (prix de levée de 24 $ moins la prime payée de 0,35 $). Par conséquent, la perte maximale de cette stratégie au cours actuel de 25,24 $ est de 1,59 $ (25,24 $ moins 23,65 $), ou 159 $ la tranche de 100 actions. Le profit potentiel est illimité au-dessus du seuil d’équilibre de 25,59 $ (25,24 $ plus 0,35 $).

La vente des options d’achat pour compléter le cylindre

Afin de réduire le coût de la protection, un investisseur pourrait financer l’achat des options de vente en vendant un contrat d’options d’achat XFN JUN 25 à 0,70 $ par actions, ou 70 $ par contrat, pour chaque tranche de 100 actions. Ce crédit de 70 $ permettrait de générer un crédit total pour le cylindre de 0,35 $ l’action, ou de 35 $ la tranche de 100 actions. L’investisseur est maintenant garanti de pouvoir vendre ses actions à l’équivalent de 24,35 $ en cas baisse. En effet, si les prix de XFN baisse sous la barre des 24 $, l’investisseur pourra alors exercer les options de vente et vendre ses action à 24 $ mais comme il a reçu un crédit total de 0,35 $ pour établir la stratégie, son prix de revient est donc de 24,35 $ au lieu de 23,65 $ sans la vente des options d’achat. La perte maximale est donc de 0,89 $ par actions, ou 89 $ par contrat, contre 159 $. Le nouveau seuil d’équilibre est maintenant de 24,89 $ (25,24 $ moins la prime reçu de 0,35 $), ce qui offre un petit coussin contre une légère baisse. Cependant, cet avantage vient également avec la possibilité que l’investisseur ait à vendre ses actions au prix de levée de 25 $ d’ici à l’échéance du mois de juin si le détenteur des options d’achat exerce son droit. Ce qui limite alors le profit potentiel en cas de hausse au-dessus de 25 $ à 0,11 $ par action (prix de levée de 25 $ moins le prix actuel de 25,24 $ plus le crédit total reçu de 0,35 $), ou 11 $ par contrat. Par conséquent, en cas de hausse l’investisseur vendre alors ses actions à un prix équivalent à 25,35 $ (prix de levée de 25 $ plus la prime reçue de 0,35 $). Dans les deux cas, il est assuré de vendre ses actions, soit sur faiblesse, soit sur force.

Une alternative pourrait être de commencer par acheter les options de vente et d’attendre que le titre augmente vers les 26 $ avant de vendre les options d’achat ayant un prix de levée de 26 $. Il pourrait aussi à ce moment-là rouler ses options de vente de manière verticale, en vendant les prix de levée 24 $ avec une perte et en achetant les options de vente de prix de levée 25 $ afin de hausser son seuil d’équilibre.

Le choix d’une des deux stratégies dépendra essentiellement du niveau de protection désiré en cas de baisse par rapport au profit potentiel qu’il serait possible de réaliser en cas de hausse.

Bonnes transactions et bonne semaine!

Les stratégies présentées dans le cadre de cette chronique ne le sont qu’à titre d’information et de formation et ne doivent pas être interprétées comme étant des recommandations pour acheter ou vendre toutes valeurs mobilières. Comme toujours avant de mettre en place des stratégies d’options assurez-vous d’être à l’aise avec les scénarios proposés et d’être prêts à en assumer tous les risques.

Martin Noël
Martin Noël http://lesoptions.com/

Président

Corporation Financière Monetis

Martin Noël a obtenu un MBA en services financiers de l'UQÀM en 2003. La même année, il a reçu le Brevet de l'Institut des banquiers canadiens et la Médaille d'argent pour ses efforts remarquables dans le cadre du Programme de formation bancaire professionnelle. Monsieur Noël a commencé sa carrière dans le domaine des instruments dérivés en 1983 à titre de mainteneur de marché sur options, sur le parquet de la Bourse de Montréal, pour le compte de diverses firmes de courtage. Il a également occupé le poste de spécialiste sur options et, par la suite, de négociateur indépendant. En 1996, monsieur Noël est entré au service de la Bourse de Montréal à titre de responsable du marché des options où il a contribué au développement du marché canadien des options. En 2001, il a participé à la création de l'Institut des dérivés de la Bourse de Montréal où il a œuvré à titre de conseiller pédagogique. Depuis 2005, Martin est chargé de cours à l'UQÀM où il enseigne un cours sur les instruments dérivés au deuxième cycle. Depuis mai 2009, il est président à temps plein de la CORPORATION FINANCIÈRE MONÉTIS, une société active dans la négociation professionnelle et en communication financière. Martin agit comme collaborateur régulier en matière d’options pour la Bourse de Montréal.

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