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Vendre des options d’achat sur niveau de résistance

Martin Noël
28 novembre, 2018
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Vendre des options d’achat sur niveau de résistance

Tel que nous pouvons l’observer sur le graphique suivant, le prix des actions de Canada Goose Holdings Inc. (GOOS) vient cogner à la porte du niveau de résistance de 90 $ après une fulgurante poussée de 50 % en tout juste un mois. Nous pouvons également constater un déclin dans l’indicateur RSI (5) jumelé à une lecture en territoire de surachat de l’indicateur stochastique (%K (89)). Cette situation est une indication que le titre puisse faire une pause temporaire, voire amorcer un déclin plus ou moins prononcé.

 

Graphique quotidien en date du 26 novembre 2018 (87,98 $)

Un investisseur, qui voudrait tirer avantage de l’érosion de la valeur temps pendant cette pause, tout en obtenant une protection intéressante, pourrait vendre un contrat d’options d’achat pour chaque tranche de 100 actions détenues. Avec un prix de 87,98 $, nous évaluerons trois options d’achat échéant le 18 janvier 2019 et ayant des prix de levée de 86 $, 88 $ et 90 $.

 

Comparaison des profils de profits et pertes

 

Le tableau précédent compare le profil de profits et pertes de la stratégie vente d’options couverte en fonction des prix de levée de 86 $, 88 $ et 90 $.

Les options d’achat ayant un prix de levée de 86 $ permettent d’encaisser une prime de 8,15 $ par action, ou de 815 $ par contrats. Cette option d’achat en jeu, qui a une valeur intrinsèque de 1,98 $ (87,98 – 86) et une valeur temps de 6,17 $ (8,15 – 1,98), offre une protection de 9,26 % en cas de baisse. Le profit maximal de 6,17 $ par action (prix de levée de 88 – prix du titre de 87,98 + prime reçue de 8,15) ou de 7,73 % (53,23 % annualisé) sera obtenu si le prix des actions est supérieur au prix de levée de 88 $ à l’échéance du 18 janvier. Le profit statique, soit le profit obtenu si le prix fait du surplace d’ici à l’échéance est identique au profit maximal.

Les options d’achat ayant un prix de levée de 88 $ permettent d’encaisser une prime de 7,50 $ par action, ou de 750 $ par contrats. Cette option d’achat à parité (légèrement hors jeu), qui n’a aucune valeur intrinsèque et une valeur temps de 7,50 $, offre une protection de 8,52 % en cas de baisse. Le profit maximal de 7,52 $ par action (prix de levée de 88 – prix du titre de 87,98 + prime reçue de 7,50) ou de 9,34 % (64,35 % annualisé) sera obtenu si le prix des actions est supérieur au prix de levée de 88 $ à l’échéance du 18 janvier. Le profit statique, soit le profit réalisé si le prix fait du surplace d’ici à l’échéance, est de 7,50 $ par action (la valeur temps des options d’achat) et représente un rendement de 9,32 % (64,18 % annualisé).

Les options d’achat ayant un prix de levée de 90 $ permettent d’encaisser une prime de 6,40 $ par action, ou de 640 $ par contrat. Cette option d’achat hors jeu, qui n’a aucune valeur intrinsèque et une valeur temps de 6,40 $, offre une protection de 7,27 % en cas de baisse. Le profit maximal de 8,42 $ par action (prix de levée de 90 – prix du titre de 87,98 + prime reçue de 6,40) ou de 10,32 % (71,08 % annualisé) sera obtenu si le prix des actions est supérieur au prix de levée de 90 $ à l’échéance du 18 janvier. Le profit statique, soit le profit réalisé si le prix fait du surplace d’ici à l’échéance, est de 6,40 $ par action (la valeur temps des options d’achat) et représente un rendement de 7,85 % (54,03 % annualisé).

Le choix du prix de levée est un compromis que l’investisseur doit faire entre le rendement maximal et la couverture offerte en cas de baisse.

 

Intervention

Dans le cas où le titre baisse ou fait du surplace, une intervention sera possible si nous pouvons racheter les options d’achat vendues pour un prix compris entre 10 % et 20 % du prix initial. Dans un tel cas, il faudrait alors procéder à une analyse pour confirmer s’il est toujours de mise de continuer à vendre des options d’achat pour se couvrir. En cas de hausse à un prix supérieur au prix d’exercice, les options d’achat devront être rachetées à profit ou à perte selon le cas, afin d’éviter d’être assignés et de devoir vendre les actions sous-jacentes. Sinon, les options d’achat seront alors exercées par le détenteur et nous serons forcés de vendre les actions au prix de levée choisi.

 

Bonnes transactions et bonne semaine !

 

 

Les stratégies présentées dans le cadre de cette chronique ne le sont qu’à titre d’information et de formation et ne doivent pas être interprétées comme étant des recommandations pour acheter ou vendre toutes valeurs mobilières. Comme toujours, avant de mettre en place des stratégies d’options assurez-vous d’être à l’aise avec les scénarios proposés et d’être prêts à en assumer tous les risques.

Martin Noël
Martin Noël http://lesoptions.com/

Président

Corporation Financière Monetis

Martin Noël a obtenu un MBA en services financiers de l'UQÀM en 2003. La même année, il a reçu le Brevet de l'Institut des banquiers canadiens et la Médaille d'argent pour ses efforts remarquables dans le cadre du Programme de formation bancaire professionnelle. Monsieur Noël a commencé sa carrière dans le domaine des instruments dérivés en 1983 à titre de mainteneur de marché sur options, sur le parquet de la Bourse de Montréal, pour le compte de diverses firmes de courtage. Il a également occupé le poste de spécialiste sur options et, par la suite, de négociateur indépendant. En 1996, monsieur Noël est entré au service de la Bourse de Montréal à titre de responsable du marché des options où il a contribué au développement du marché canadien des options. En 2001, il a participé à la création de l'Institut des dérivés de la Bourse de Montréal où il a œuvré à titre de conseiller pédagogique. Depuis 2005, Martin est chargé de cours à l'UQÀM où il enseigne un cours sur les instruments dérivés au deuxième cycle. Depuis mai 2009, il est président à temps plein de la CORPORATION FINANCIÈRE MONÉTIS, une société active dans la négociation professionnelle et en communication financière. Martin agit comme collaborateur régulier en matière d’options pour la Bourse de Montréal.

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