Volatilité
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Voler avec les condors

Alan Grigoletto
15 mars, 2018
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Voler avec les condors

Dans un récent article, nous avons expliqué comment tirer parti de la volatilité au moyen d’une position acheteur sur stellage. Aujourd’hui, nous traiterons d’une autre stratégie moins coûteuse pour exploiter la volatilité : le condor de fer inversé. Les stratégies de type condor tirent leur appellation de cet oiseau à corps étroit et à ailes larges qui se trouve surtout en Californie. Lorsqu’on l’illustre dans un diagramme, une telle stratégie ressemble effectivement au profil d’un condor.

Le condor de fer inversé (position vendeur), comme la position acheteur sur stellage, est une stratégie visant un mouvement marqué de la valeur sous-jacente dans une direction ou l’autre. La stratégie du condor de fer inversé consiste à acheter une option d’achat et à en vendre une autre dont le prix d’exercice est plus élevé, puis à acheter une option de vente et à en vendre une autre dont le prix d’exercice est moins élevé. Les options d’achat et de vente sont hors du cours, contrairement aux options d’une position acheteur sur stellage, qui sont achetées au cours. Toutes les options qui composent le condor de fer inversé ont la même échéance et l’écart entre les prix d’exercice des options d’achat est toujours équivalent à l’écart entre les prix d’exercice des options de vente. Cette stratégie peut également être considérée comme un écart haussier sur options d’achat jumelé à un écart baissier sur options de vente.

L’avantage du condor de fer inversé par rapport à la position acheteur sur stellage est que le coût des options d’achat et de vente achetées près du cours est réduit du produit des options d’achat et de vente vendues plus loin du cours. Bien sûr, cela permet d’atténuer en partie les conséquences de l’érosion de la valeur temps sur une stratégie impliquant uniquement l’achat d’options, mais le profit potentiel s’en trouve aussi réduit.

 

Prenons un exemple :

Un investisseur canadien ne sait pas si le cours de l’action de la Compagnie de chemin de fer nationaux du Canada (CNR) montera ou baissera au cours des trois prochains mois, mais s’attend à ce qu’il connaisse une variation très prononcée dans un sens ou dans l’autre.

L’action CNR se négocie actuellement à 95,53 $ CA. en date du 9 mars 2018

Le coût de 2,90 $ représente également le risque total de l’opération.

Le cours de l’action CNR se négocie à 95,53 $ CA.

La perte maximale se produirait si, à l’échéance, le cours de l’action sous-jacente se situait entre le prix d’exercice de l’option d’achat achetée et le prix d’exercice de l’option de vente achetée. Dans un tel cas, toutes les options échoiraient sans valeur.

Le profit maximal est réalisé lorsque le cours de la valeur sous-jacente est inférieur au prix d’exercice de l’option de vente vendue ou supérieur à celui de l’option d’achat vendue.

Le profit net correspondrait à l’écart entre les prix d’exercice des options d’achat ou entre les prix d’exercice des options de vente, déduction faite de la prime payée pour prendre la position.

Il y a deux seuils de rentabilité :

  • Seuil de rentabilité haussier = Prix d’exercice de l’option d’achat achetée + Prime nette payée
  • Seuil de rentabilité baissier = Prix d’exercice de l’option de vente achetée – Prime nette payée

 

Comme on peut le voir dans le tableau et le graphique, le profit et la perte potentiels sont très limités.

Dernières considérations : Les stratégies de type condor étaient auparavant considérées comme étant de haut niveau en raison des commissions à assumer pour mettre en œuvre une opération à quatre composantes. Le courtage à commissions réduites a fait diminuer le coût des écarts afin de rendre les stratégies plus faciles à mettre en œuvre et plus abordables. En dernier lieu, on compte de nombreuses versions de stratégies condor. Il est possible de les construire exclusivement avec des options d’achat ou exclusivement avec des options de vente; il est aussi possible de les appliquer sous forme de stratégies créditrices ou débitrices.

 

Il est essentiel de noter que la stratégie décrite ici requiert une gestion active, de sorte qu’elle ne convient qu’aux investisseurs ayant une grande expérience de négociation d’options.

 

Alan Grigoletto
Alan Grigoletto

CEO

Grigoletto Financial Consulting

Alan Grigoletto est le chef de la direction de la société Grigoletto Financial Consulting. Il est expert du développement des affaires auprès de particuliers et de groupes financiers d’élite. Il est l’auteur de plusieurs articles sur des questions financières d’intérêt pour les bourses canadiennes, les courtiers en placement et les communautés de conseillers en plus d’avoir écrit et publié du matériel éducatif destiné à des auditoires américains, italiens et canadiens. Il a déjà été vice-président de la société Options Clearing Corporation et responsable de la formation de The Options Industry Council (OIC). Avant son passage à l’OIC, M. Grigoletto a été vice-président principal du développement des affaires et du marketing à la Boston Options Exchange (BOX). Auparavant, il avait été associé fondateur de la société de conseils en placement de Chicago, Analytic Capital Management. Il compte plus de 35 années d’expérience dans les opérations boursières et les placements en tant que teneur de marché d’options, spécialiste des marchés boursiers, négociateur institutionnel, gestionnaire de portefeuille et éducateur. M. Grigoletto a précédemment été gestionnaire de portefeuille pour les portefeuilles S&P 500 et MidCap 400 de Hull Transaction Services, un fonds d’arbitrage neutre. Il possède un savoir-faire considérable dans la gestion du risque de portefeuille ainsi que de fortes capacités analytiques pour tout ce qui touche les actions et les instruments dérivés des actions (produits dérivés). M. Grigoletto est titulaire d’un diplôme en finances de l’Université de Miami et a été président du Conseil du STA Derivatives Committee. Par ailleurs, il est membre du comité directeur de la Futures Industry Association et il est régulièrement invité à titre de conférencier dans des universités, ainsi que par la Securities Exchange Commission, la CFTC, la US House Financial Services Committee et l’IRS.

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