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Utiliser les options pour exprimer ses vues sur le marché

Bourse de Montréal
14 septembre, 2023
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Utiliser les options pour exprimer ses vues sur le marché

Ce premier article, d’une série de quatre, nous permettra d’établir les bases de l’utilisation d’options dans un contexte de gestion de portefeuille.

Afin d’en apprendre plus sur les options et leur fonctionnement, je vous recommande les articles suivants :

  1. Guide d’initiation à la négociation d’options
  2. Effectuer sa première opération sur options
  3. Faites de l’exercice : levez vos options

Vous pouvez également vous référer à la section Apprentissage du site de Disnat, Desjardins Courtage en ligne, qui regorge d’informations au sujet de la négociation d’options.

Maintenant que vous connaissez les bases des options et que vous comprenez comment les négocier, la question qui doit vous venir en tête est : pourquoi utiliser les options dans mon portefeuille?

La flexibilité

Tout d’abord, il faut comprendre que les options vous offrent une flexibilité infiniment plus grande que le simple fait d’acheter une action lorsqu’on croit au potentiel d’une société et de la vendre lorsqu’on n’y croit plus.

Un investisseur plus conventionnel a généralement une vision en 2D : la valeur d’une action peut soit monter, soit descendre. Un investisseur qui ajoute les options à son arsenal financier a plutôt une vision en 3D. Je m’explique : en investissant dans les actions, votre patrimoine s’enrichira dans deux situations. Celles-ci se manifestent par l’achat d’une action qui s’apprécie ou la vente d’une action qui se déprécie. En revanche, un investisseur utilisant les options a également la possibilité d’investir en fonction d’autres paramètres. Par exemple, il peut miser sur le passage du temps, la stabilité relative d’un titre ou encore la volatilité de ce dernier. Nous aborderons ces autres sujets dans un prochain article.

Afin d’éviter la mécanique de vente à découvert, il est possible d’acheter une option de vente. Ainsi, les risques associés à la transaction sont significativement plus faibles. La vente à découvert d’un titre comporte un risque qui, en théorie, est infini, puisque le cours de l’action peut augmenter de façon prolongée. Cependant, lorsqu’on fait l’achat d’une option de vente, on connaît déjà notre risque maximum, soit la prime payée pour l’acquisition de l’option. Sans oublier que certains courtiers ne permettent tout simplement pas la vente à découvert, alors que l’achat d’options de vente est très répandu.

La gestion du risque

Une option peut également être comparée à un contrat d’assurance. On peut donc la considérer comme un outil  qui sert à se protéger contre la baisse du cours d’un titre. Voici un exemple plus concret : supposons que vous achetez l’action ABC à 40 $. Une mauvaise nouvelle survient et le titre est maintenant surévalué, ce qui entraîne une baisse de sa valeur. Vous croyez toujours au potentiel à long terme du titre, mais il perdra 25 % de sa valeur à court terme. Vous décidez donc d’acheter une option de vente avec un prix d’exercice de 38 $; elle vous coûte 2 $. Le titre chute ensuite à 30 $.

Capital investit Perte sur le titre Rendement
Sans option 40$ (40$ – 30$) = 10$ -25%
Avec option 40$ + 2$ = 42$ (40$ – 38$) = 2$ -9,50%

Au final, vous payez pour bénéficier d’une protection si le titre chute sous la barre des 38 $. Le choix de prendre une option équivaut donc à payer une assurance pour le cas où vous tomberiez malade. Par la suite, lorsque le prix de l’action aura cessé de chuter, vous pourrez revendre l’option afin de réclamer la « prime d’assurance ».

Vous pourriez vous demander : pourquoi ne pas simplement passer un ordre de vente à 38 $?

L’ordre stop que vous avez programmé sera inutile dans l’éventualité où une nouvelle est annoncée à la fermeture des marchés, ou encore si le mouvement de panique créé par ladite annonce fait plonger les titres très rapidement. Entre l’ordre de vente envoyé au marché et le prix effectif de la vente, la valeur de votre action pourrait se retrouver n’importe où entre 38 $ et 30 $. Tandis que si vous choisissez une option, lorsque celle-ci entre en jeu, elle peut être revendue ou exercée afin de conserver une valeur réelle de 38 $, malgré les soubresauts du marché.

Rendement

Le rendement d’une option bénéficie d’un effet de levier qui vous permettra de déployer moins de capital afin d’obtenir des rendements supérieurs. Voici un exemple qui met en évidence l’effet multiplicateur d’une option.

Imaginons que le titre DEF se négocie présentement à 120 $ et qu’au cours des trois prochains mois, il augmentera à 130 $.

L’investisseur 1 achète 100 actions de DEF à 120 $.

L’investisseur 2 achète une option d’achat à parité (at-the-money) sur le titre de DEF pour 5,85 $.

Capital initialement investit Plus-value après 3 mois Rendement sur le capital investit
Investisseur 1 120$ x 100 = 12 000$ 13 000 – 12 000 = 1 000$ 1 000$ / 12 000$ = 8,33%
Investisseur 2 5,85$ x 100 = 585 + (8,75$ x 2) = 602,50$ 10$ x 100 = 1000$ 1000 / 602,50 = 165,97%

Dans le présent exemple, à l’échéance, l’option n’a plus de valeur temps. Nous retenons l’hypothèse qu’il n’y a aucuns frais de négociation associés aux actions et qu’une opération sur option implique une commission de 8,75 $ à l’achat et la vente.

Voilà donc une représentation du pouvoir de l’effet de levier des options. Techniquement, le gain est le même. Cependant, le capital investi est largement inférieur, ce qui augmente considérablement le rendement obtenu.

Évidemment, on ne peut parler des avantages des options sans parler des risques qui peuvent également en découler. En voici quelques-uns :

L’effet de levier et l’augmentation des risques

Comme vous avez pu le constater, dans le dernier exemple, l’effet de levier que procurent les options permet d’obtenir un rendement très intéressant. Il faut toutefois garder en tête que l’effet de levier est une lame à double tranchant. Pour les débutants, il est recommandé de vous en tenir à l’achat d’options ou à la vente d’options couvertes. Avec ces stratégies, le risque est connu d’avance et donc moins grand. Dans le cas des stratégies de vente d’options non couvertes, le risque peut être illimité. Afin de chiffrer l’effet de levier créé par une option, continuons avec le même exemple :

Capital initialement investit Effet de levier
Investisseur 1 120$ x 100 = 12 000$ 12 000$ / 602,50$ = 19,92
Investisseur 2 5,85$ x 100 = 585 + (8,75$ x 2) = 602,50$

La logique est simple : 100 actions à 120$ coûtent normalement 12 000 $ plus les frais de transaction, mais si l’on utilise une option, l’investissement nous coûte plutôt 602,50 $ après les frais de transaction. On remarque donc que l’effet de levier se traduit par un multiplicateur de 19 pour le même investissement.

L’érosion de la valeur temps

N’oubliez pas que plus la date d’échéance de votre option approche, plus la valeur de cette dernière diminue rapidement. Il faut donc bien évaluer le temps nécessaire pour que le mouvement attendu dans le prix de l’action se réalise, sans pour autant choisir une option ayant une durée trop longue, afin d’éviter de payer trop cher. Voici un article que je vous invite à consulter afin d’en apprendre davantage.

Réduire le risque lié à l’érosion de la valeur temps

La liquidité

Finalement, veuillez garder en tête que même si un titre peut être liquide, il est possible que les options sur le titre en question ne le soient pas autant. Cette situation peut poser deux problèmes dans certains cas, selon l’investissement. Premièrement, il peut être difficile d’acquérir ou de revendre une option. Deuxièmement, vous devrez payer une prime pour acquérir l’option qui est moins liquide. Cette prime correspond à l’écart acheteur-vendeur (spread). On voit fréquemment ce phénomène avec les titres moins actifs. Ici, nous pouvons voir que l’option de BMO offre une bonne liquidité et que l’écart n’est que de 0,05 $ (ou +/- 4 %) par rapport aux derniers prix négociés.

Source : Calculateur d’options (TMX)

Sur l’option de Alaris Royalty Corp., on remarque que l’écart est de 0,20 $ (+/- 28,57 %) par rapport aux derniers prix négociés.

Source : Calculateur d’options (TMX)

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